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17 juillet 2014 4 17 /07 /juillet /2014 14:02

Après les Aravis, deux semaines plus tôt, ce sont les Bauges qui m’accueillent pour un second test en vue de l’UTMB. Si l’Aravis trail m’a quelque peu rassuré sur ma forme et ma capacité de récupération en cette année jalonnée de blessures, il reste à confirmer ces bonnes dispositions en enchaînant sur un format équivalent (46 km) mais moins montagneux (2900m D+). Faverges c’est aussi la septième manche du Trail Tour National (TTN) - la première en montagne - ce qui promet un plateau très relevé au départ. Parfait pour m’ôter toute pression de résultats !

Trail de Faverges

La nuit, pourtant un peu plus longue que celle précédant les Aravis, n’a visiblement pas suffit et la motivation, au réveil, n’est pas véritablement là. Après une heure trente de route sous la pluie, je retrouve Gaetan – engagé sur le Trail des Sources sur Lac (29 km / 1500m D+) – accompagné de son papa et son frère. Son départ n’est qu’à 9h, mais il a pris la peine de se réveiller tôt pour me voir partir… A minima, une première source de motivation. Je ne suis pas dans les meilleures dispositions psychologiques quand je pénètre dans le sas de départ et, un coup d’œil vers le ciel, n’améliore en rien mon état d’esprit. Les sites de météo annoncent l’arrêt de la pluie, mais le ciel semble nous indiquer le contraire. Je me place sagement en milieu de peloton, écoutant avec attention les consignes de la direction de course.

Un joli peloton pour cette 7ème manche du TTN

Un joli peloton pour cette 7ème manche du TTN

7h00, la meute est lâchée. Je pars tranquillement, comme prévu, placé aux alentours de la 150ème place. Si la tête de course part à grande vitesse à l’assaut des marches de l’escalier du château, le gros de la troupe éprouve quelques difficultés d’adaptation dans ces premières montées de cardio. Je traverse la cour sans grande émotion, le moral un peu plus terni encore par un plafond gris extraordinairement bas. Je pense alors croiser Julien Djozikian - le bloggeur de Mangeur de Cailloux - rencontré virtuellement via le team quelques jours plus tôt, mais sans certitude, je ne lance pas la conversation. Qui plus est, je n’ai pas vraiment la tête à parler.

Les premières pentes se présentent à nous dès la sortie de Faverges. Le chemin, large et dégagé, donne une vue d’ensemble d’un peloton qui s’étire inexorablement dans ces pourcentages, somme toute, raisonnables. Je cours, majoritairement, dans cette pente relativement douce. Quand elle se durcit quelque peu, je marche sur quelques mètres avant de reprendre la course. Les sensations, malgré un rythme honorable, ne sont pas au top. Avant le premier ravitaillement (km 9), une légère descente confirme mes premières impressions : les jambes ne sont pas au rendez-vous. Néanmoins, je passe l’Abbaye de Tamié 15 minutes en deçà de mes temps de passages prévisionnels.

Se présente alors la première difficulté majeure de la journée (830m de D+ en 6km) qui doit me mener au chalet Drisons (1600m). On laisse derrière nous la large piste forestière pour attaquer un single serpentant dans le pentu. Si j’évolue à une bonne cadence, j’ai bien conscience que ma dépense énergétique est importante. Quelques coureurs me passent mais le petit groupe, formé sur le bas, se disloque plutôt par l’arrière. Je dois avouer que cette ascension est loin d’être une partie de plaisir avec une pente constante, une chaleur humide et un sol glissant. Mes S-LAB 5, en fin de vie, n’offrent aucune adhérence et ma progression est parfois difficile. A trois reprises, un concurrent bienfaiteur au maillot rouge, me poussera pour éviter que je ne recule plus que le dernier pas ne m’avait fait avancer. Ces petites poussettes, au-delà de me stabiliser, me font un bien fou au moral.

Profil de la course

Profil de la course

Avant de retrouver une piste beaucoup moins difficile, je cogite : vais-je pouvoir continuer ainsi ? Ne serais-je pas dans le même état physique et psychologique que lors de mon abandon au TAR ? L’idée s’échappe quand les bénévoles nous annoncent le premier sommet (1h45). La descente qui suit, courte et glissante, ne me rassure toujours pas. Mon pas est hésitant, les quadriceps douloureux et mon état général peu reluisant. Au mental – bizarrement l’idée de l’abandon s’est envolée – j’attaque les 500 mètres de D+ qui me séparent du sommet de la station. Les écarts sont conséquents et je me sens moins oppressé par les autres coureurs. Le sommet de la station du Sambuy est dégagé de toute végétation mais le paysage demeure bouché par des nuages épais et menaçants. Je me ravitaille et me lance dans la descente d’une foulée toujours mal assurée par des quadriceps tendus au possible. Des coureurs me passent avec une facilité que j’envie au plus haut point. Une fois de plus, le moral est à la baisse. Les pierres qui roulent sous les semelles rendent la progression difficile et je tente, tant bien que mal, de trouver un terrain plus propice à la course sur les bas-côtés. La pente n’est pas trop sévère et je sens, peu à peu, mes quadriceps retrouver une certaine élasticité. Ma foulée se fait plus efficace, je rentre sur des coureurs, pourtant aériens sur le haut, et les dépasse. Au ravitaillement de la mi-course (Sambuy), où les coureurs du relai nous encouragent chaleureusement, j’ai retrouvé quelques couleurs.

Des pistes larges... Pas mon terrain de jeu favori !Des pistes larges... Pas mon terrain de jeu favori !

Des pistes larges... Pas mon terrain de jeu favori !

J‘emporte de quoi manger et me lance à l’assaut de la seconde – et dernière – difficulté majeure du jour. A l’image de ce que nous venons de descendre, l’ascension se fait sur une large piste où les appuis fuient sur les pierres instables. Je regrette l’interdiction des bâtons mais adopte une cadence honorable. Je rattrape des coureurs qui ne parviennent pas à accrocher ma foulée et les deux trois qui me passent ne sont que des relayeurs. Je vais mieux, comme la météo, et je profite enfin un peu de la course et de ses panoramas. Malheureusement, nous évoluons toujours sur une large piste, raide et technique, sans répit, qui met à mal les organismes. Je n’aime pas cela et un coup d’œil vers le haut ne laisse rien présager de plus « montagnard ». Je croise des randonneurs et des bénévoles sympathiques qui ont toujours un petit mot gentil et réconfortant. Au point d’eau, à 150m du sommet, ce sont les vaches qui nous accompagnent sur quelques mètres. Je fatigue un peu mais conserve la lucidité nécessaire pour éviter un mauvais coup de sabot. Au sommet de l’Epaule de Chaurionde (1840m) j’ai toujours de bonnes sensations malgré l’accumulation des efforts. L’ascension s’est plutôt bien passée (700m/h sur les 5km) et je sais que le plus dur est derrière moi. Il me reste moins de 20 kilomètres à parcourir et le D+ restant est assez faible (500m). Je me lance dans la descente piégeuse où l’érosion a fait pas mal de dégâts. Si personne ne revient vraiment de l’arrière, devant c’est le vide ! Personne en point de mire si ce n’est quelques bénévoles placés stratégiquement.

Aulp de Seythenex
Aulp de SeythenexAulp de Seythenex

Aulp de Seythenex

La météo tend toujours vers le mieux et le bleu parvient à percer timidement les nuages, toujours aussi denses, suffisamment néanmoins, pour enfin admirer le parc naturel des Bauges. Qui plus est, je suis dans une période où je cours un peu partout : tout va pour le mieux. Au détour d’une petite bosse, je reviens sur des coureurs bien entamés physiquement, je les passe non sans difficulté dans ce single, avant de basculer sur la partie commune avec le petit parcours. De nouveau, doubler, des pelotons entiers cette fois-ci, est laborieux, et mon rythme baisse considérablement. Je redouble d’efforts pour passer les coureurs  en tentant de maîtriser au mieux mes nerfs. Je ne pourrai néanmoins m’empêcher de râler contre une concurrente qui coupe inutilement les virages. J’opte, au final, par un passage sur le bas-côté pour retrouver enfin ma cadence. Cette partie de la course est exigeante avec une succession de bosses courtes et irrégulières – Sébastien SPELHER, champion de France et vainqueur final admettra que c’est la partie qui l’a fait le plus souffrir – où il faut jongler avec les diverses allures de coureurs parfois au bord de la crampe.

Dans l’ultime ascension, je reconnais Gaetan, quelques mètres devant moi. Quel plaisir de se retrouver là, où le panorama est l’un des plus beau du parcours. On échange un peu. Si ses deux heures d’ascension ont laissé des traces il me paraît encore bien frais alors que, comme pour moi, le plus dur est derrière lui. Une pause photo devant le lac d’Annecy au fond de la vallée, quelques encouragement et me voilà reparti.

Un joli souvenir avec mon ami Gaëtan

Un joli souvenir avec mon ami Gaëtan

Je double encore et toujours dans ce chemin cassant où je m’emballe quelque peu… La gestion des temps forts demeure toujours aussi difficile ! Un ou deux kilomètres avant le ravitaillement, sur un single à flanc de montagne, je suis tout heureux de suivre le rythme d’un petit groupe qui calme alors mes ardeurs. A la Sarve (km 35), je prends quelques minutes pour récupérer des derniers kilomètres qui m’ont apparemment bien entamé. Je paie aussi, certainement, les efforts de la première partie de course.

Il est alors temps de repartir pour les dix derniers kilomètres et ses 1000m de D-. Les 5h15 de courses pèsent un peu mais je continue à doubler les concurrents du petit parcours ce qui me motive un peu plus encore. Depuis le sommet de Chaurionde (km 27), un jeu du chat et de la souris s’est installé avec un concurrent, peu aimable au demeurant. Je vais plus vite que lui dans les ascensions mais, dès que l’on redescend, il me laisse sur place avec une foulée assurée et efficace. Si je descends à une cadence, honorable, supérieure aux 1000m/h, je conserve un rythme correct dans les quelques parties plus cassantes. Lorsque l’on quitte le petit parcours, un chemin à flanc de montagne très technique me rassure sur ma lucidité. Malgré les pièges, le terrain glissant, les dévers et la pente qui n’est pas toujours favorable, je cours en variant la fréquence d’appuis et l’amplitude de la foulée. Un virage à gauche et il ne me reste que quelques 200m à descendre sur 3 kilomètres, rien de bien méchant.

Une fois le ciel un peu dégagé, les Bauges offrent de magnifiques panoramas
Une fois le ciel un peu dégagé, les Bauges offrent de magnifiques panoramasUne fois le ciel un peu dégagé, les Bauges offrent de magnifiques panoramas
Une fois le ciel un peu dégagé, les Bauges offrent de magnifiques panoramas

Une fois le ciel un peu dégagé, les Bauges offrent de magnifiques panoramas

Les cuisses douloureuses n’ont que peu d’incidence sur ma foulée et, alors que j’attaque l’ultime kilomètre bitumé, je retrouve non sans joie, Gaëtan, qui semble un peu dans le dur. Il est néanmoins 45 minutes sous son objectif initial à une place très honorable. Je l’attends pour passer la ligne mais m’efface quand je vois Claire et Lina qui lui attrape la main pour la photo finale.

Je termine à une très satisfaisante 55ème place (52ème au classement définitif) en 6h23. Le plaisir – hormis celui de partager cette course avec Gaetan et ses proches – n’a pas été le maître mot de cette journée de montagne sur un terrain que je n’apprécie guère et sous une météo qui ôte tout le plaisir des yeux. Néanmoins, j’ai mis mon mental à rude épreuve, dès le début de course, pour retrouver de meilleures sensations, physiques et psychologiques, au fil des kilomètres. J’enchaîne donc un second trail long en deux semaines sans bobo. Mon corps semble me laisser enfin tranquille et c’est plutôt rassurant pour l’objectif de fin d’été.

Comme les pros !!!!

Comme les pros !!!!

Le prochain rendez-vous est le trail des Mélèzes dans le Mercantour avec Pascal, Séb (team UR) et Julien Djozikian. Il ne sera alors nullement question de classement dans ce qui sera la seconde journée de mon week-end choc.

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commentaires

F
Hello Greg<br /> Content de voir que tout se passe bien pour toi. La course a pied et le trail, c'est quand même dans la tête que ça se passe et tu nous le prouve à chaque fois<br /> Bisous a tous et a bientôt
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F
Hello Greg<br /> Content de voir que tout se passe bien pour toi. La course a pied et le trail, c'est quand même dans la tête que ça se passe et tu nous le prouve à chaque fois<br /> Bisous a tous et a bientôt
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